De l’art d’allaiter … en maternant

Pour conduire un allaitement serein, il y a d’abord quelques principes de base à intégrer.

Le premier principe, c’est que allaiter doit être un choix autant qu’il est un droit inaliénable. Il est capital de soutenir la mère qui allaite dans son choix, de la même manière qu’accompagner celle qui ne souhaite pas allaiter dans la gestion de sa montée de lait devrait être fait sans jugement, et de façon douce.

Le second principe, c’est que l’allaitement, ça ne coule pas toujours de source. Il se peut qu’il y ait des difficultés à surmonter, et pour cela il faut pouvoir se faire accompagner des bonnes personnes.

Et savoir, justement, écouter les bonnes personnes. Si tu tiens à ton allaitement, tu laisseras parler la bouchère, madame Michu ou ta tante Hilde avec toutes leurs croyances.

Tu contacteras une consultante en lactation certifiée IBCLC (tu trouveras un annuaire ici), ou la Leche League, mais ne te fieras pas aveuglément aux conseils de la puéricultrice de la maternité, du médecin de famille, de l’infirmière, ni même du sacro-saint pédiatre si ceux ci n’ont pas reçu une formation spécifique en allaitement.

Parce que vois-tu, les professionnels de santé de la petite enfance ne sont pas formés de base en allaitement. Les pédiatres encore moins que les autres. Et c’est bien dommage!! Car nous pensons en les voyant qu’ils sont compétents, et eux pensent nous aider en nous abreuvant de conseils supposés de bon sens… oui, sauf que….

(3ème principe) Un bébé humain, c’est un mammifère, au même titre qu’un bébé chimpanzé, un bébé kangourou, un chiot, un veau, un chaton, ou un bébé lama. Tu en as vu beaucoup, toi, des vaches ou des mamans kangourou refuser la tétée à son petit sous prétexte que « ça ne fait pas encore trois heures », ou que « à son âge la nuit on s’endort seul »?

Je n’en connais pas, moi, des chattes qui « préparent » leurs mamelles en tirant dessus avec un tire lait pour éviter d’avoir mal pendant les tétées une fois la portée de chatons née!

Le quatrième principe, c’est que non, allaiter n’est pas douloureux. Et si ça l’est, c’est qu’il y a un problème à corriger. Cela peut être un défaut de position, une candidose mammaire, un problème pour ouvrir grand la bouche du bébé (freins de langue ou de lèvres, à faire contrôler par une personne formée – consultante IBCLC ou ORL – ou un blocage des mâchoires, un torticolis, une douleur… ).

Allaiter, c’est une sensation qui surprend au début, certes, mais si ça fait mal, il faut chercher pourquoi et travailler sur la cause du problème. Allaiter n’est pas non plus toujours source de joie pour la mère, il existe le réflexe d’éjection dysphorique, mais la Leche League t’expliquera mieux que moi de quoi il s’agit.

Le cinquième principe, c’est la connaissance. Il faut du soutien et de la connaissance. La connaissance de ce qu’est un pic de développement, de ce qu’engendrent comme risques l’utilisation de biberons et de tétines, de comment gérer un engorgement, de savoir que ton corps est compétent pour allaiter, et que oui, tu produis assez de lait, quoi qu’il arrive. Savoir que ton lait sera toujours suffisamment nourrissant pour ton bébé.

Mais enfin, et surtout, pour allaiter facilement, il y a une clef. Une clef essentielle. C’est d’écouter son bébé.

Et comment écouter son bébé sans l’avoir près de soi?

L’allaitement, c’est du maternage. Et il est grandement facilité par un maternage proximal.

Alors, chuuuuut…. faites taire toutes les voix autours de vous, écoutez votre instinct, écoutez votre bébé, gardez le près de vous, portez-le, baignez-vous avec lui, faites du peau à peau, dormez avec votre bébé si cela vous chante, profitez de ces instants qui s’envolent si vite. Suivez votre instinct, et faites confiance à votre enfant, car oui, le bébé humain est un mammifère, et devinez quoi? la maman humaine en est un aussi!

Bonnes tétées!

 

 

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