Les enfants post-confinement – Pensez à l’adaptation !

Au milieu de tout le remue-ménage qu’aura provoqué ce tout petit virus, dans l’océan des injonctions diverses et variées qui sont adressées aux parents, il y a les enfants. Il y aura un avant et un après Covid. Qui des enfants dans le post-confinement?

Ces enfants, au sortir du confinement, seront changés à jamais.

Ils auront continué de grandir. Ils se seront adaptés.

Ils auront vécu des moments inoubliables. Ils auront découvert comment leurs parents gèrent une situation inédite et stressante.

Ils auront assisté à des disputes. Ils auront joué en famille.

Ils auront été séparé trop longtemps de leur parent soignant. Ils auront été transféré du jour au lendemain dans un établissement de garde réquisitionné pour l’occasion.

Ils auront été séparé de leur nounou pendant si longtemps qu’ils auront un peu oublié comment la chaleur de ses bras peut les rassurer. Ils auront été tenus loin de leurs grands-parents, de leurs oncles et tantes, des cousins, des amis…

« L’homme est un être social, la nature l’a fait pour vivre avec ses semblables »

Aristote

Les rapports sociaux sont partie intégrante et fondamentale de la construction de l’humain, cet être grégaire et initialement nomade. La construction de relations sociales avec des cercles élargis est capitale pour le développement de l’empathie, de la tolérance, de la confiance en soi, de l’autonomie, de l’auto-estime.

Tous leurs repères sont bouleversés.

La sortie quotidienne au parc, la visite hebdomadaire à la grand-mère, le goûter pris en tête à tête à la sortie de l’école, le sport le mercredi, les leçons de musique, de chant, d’art… Toutes ces petites choses, dans leur régularité, sont essentielles au développement du cerveau des enfants. Elles sont nécessaires à la construction de la psyché de l’humain, dans sa capacité à explorer le monde pour nourrir son intellect.

On sait à quel point les enfants sont sensibles à l’ordre, aux rituels, aux rythmes réguliers. (voir l’importance des routines chez l’enfant – de naître et grandir) Et c’est sans parler des enfants neuro-atypiques !

Tous leurs repères sont bouleversés.

Pour certains, bien trop nombreux, toutes ces petites choses, toutes ces petites relations, la crèche, l’école, la rencontre avec d’autres adultes, sont plus que des apports supplémentaires. Pour ceux-là qui connaissent la violence familiale, l’inceste ou simplement l’extrême pauvreté, ces fenêtres ouvertes étaient la seule échappatoire à un bourreau quotidien, le seul répit dans un climat lourd de violences verbales et/ou physiques, ou le seul moyen d’avoir un repas équilibré…

D’ailleurs, Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alerte sur les risques de maltraitance des enfants qui peuvent survenir pendant la période de confinement.

Ce confinement qui prend des airs de vacances interminables (comme la très drôle vidéo de Mélissa&Fred) pour les plus chanceux, et est beaucoup plus compliquée pour le plus grand nombre (comme ici).

Ce confinement qui apporte la peur de l’extérieur, où se tapisse un ennemi invisible, implacable et sournois. Prêt à se servir de chacun comme d’un transporteur pour aller attaquer les autres. Il est prouvé scientifiquement que les enfants sont naturellement altruistes. Imaginez leur ressenti lorsqu’ils comprennent qu’ils ne peuvent pas nous accompagner en courses car ils pourraient être porteurs sains du virus et représenter ainsi un danger pour les plus vulnérables ! Ils n’ont pas de prise sur ce virus. Ils n’ont pas de moyens de le voir, de le combattre, ou de protéger ceux qu’ils aiment.

Ce confinement qui apporte son lot de doutes, d’angoisses, qui inquiète les parents, qui cible en priorité les enfants.

Ce satané Covid-19 qui a emporté un être cher, ce confinement qui nous empêche de lui rendre hommage. (voir l’article: Comment parler de la mort avec mon enfant)

Ce confinement – dont je ne remettrai pas en cause le bien-fondé – a bien des impacts invisibles sur nos enfants.

De grâce, patrons, entrepreneurs, salariés, directeurs d’écoles, professeurs, assistantes maternelles, puéricultrices, de grâce, prenez cela en compte lorsque le confinement sera levé.

L’envie d’un retour à la normale sera pressante, sans doute.

Nous aurons eu nos enfants avec nous 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Selon les situations, les jours, les moyens, les caractères, cela peut représenter un immense bonheur comme une indicible détresse.

Peut-être aurons-nous besoin de courir reprendre un travail et essayer de rattraper un retard accumulé, de réparer une situation bouleversante et inattendue.

Peut-être sera-t-il urgent de relancer notre activité pour ne pas perdre notre gagne-pain.

Mais nos enfants, dans tout cela, sont comme nous. Las, choqués, transformés par le traumatisme physique et psychologique que leur aura infligé cette période. Car oui, il s’agit d’une crise. Le terme de « guerre » a même été posé. Il ne peut y avoir de crise sans trauma.

Tout laisse une trace. (voir l’article Confinement des enfants : un traumatisme à ne pas négliger !  de Marie-Aude Dupuy pour La revue du praticien )

Laissons le temps à nos enfants de redécouvrir l’extérieur, laissons-leur le temps de reprendre leur souffle, de retrouver leurs proches.

Il n’est pas d’intérêt à courir après le diplôme, le concours, ou le programme scolaire à rattraper.

Il n’est pas d’urgence à reprendre « le rythme normal ».

Gardons, d’une part, à l’esprit que c’est ce « rythme normal » qui est à l’origine d’une grande partie de la crise. (et si l’on en croit Giuletta Gamberini, Non, « la normalité ne reviendra pas »)

D’autre part, accordons à nos enfants, à nos employés, à nos clients, un temps de réadaptation.

Il sera crucial, employeurs, que vous accordiez une souplesse aux parents afin qu’ils puissent organiser un retour progressif à l’école ou au mode de garde pour les plus jeunes.

Il sera nécessaire, gardes d’enfants, classes de maternelle, de mettre ou remettre en place des périodes d’adaptation.

Il sera capital, clients, que vous soyez compréhensifs envers le commerçant, l’entrepreneur, le libéral, qui devra intégrer de la souplesse dans ses disponibilités.

Nous aurons besoin d’un temps de ré-acclimatation, pour émerger de la situation dans laquelle cette crise nous aura plongée. Les enfants aussi.

Il serait bon de ne pas se jeter à corps perdu dans le travail et la production, dans le scolaire et l’évaluable.

Prendre le temps de panser nos plaies, de souffler nos peines, de nous retrouver et de regagner en confiance. Prendre le temps de revenir au social, dans la douceur et le respect de chacun.

Laisser à l’humain le temps de se reconnecter avec son humanité, tout simplement.

Séverine Schlayen, le 11 avril 2020.

Comment parler de la mort avec mon enfant

Le deuil

Il est un sujet délicat lorsque l’on a des enfants, et que l’on ne sait pas toujours aborder: celui du deuil. Lorsque l’on attend un enfant, et que l’on veut s’informer à fond pour une éducation bienveillante, souvent on s’informe sur l’accouchement, l’allaitement, les pédagogies alternatives, on suit une formation montessori… mais rarement on se questionne sur la manière dont on peut parler de la mort avec son enfant.

Parce que c’est un sujet douloureux, d’abord. Et parce que nous avons chacun notre rapport particulier à la mort. Et que lorsque l’on pense à un enfant, c’est surtout la vie qui nous vient. Alors on n’y pense même pas, ou alors cette idée reste dans un coin de la tête, discrète, silencieuse… jusqu’au jour où nous avons besoin d’expliquer à notre tout petit, ou à notre presque grand, que tel être cher, ou inconnu, a arrêté de vivre.

Comment parler de la mort avec mon enfant? Quels sont les mots à employer? Est il trop jeune pour comprendre? Dois-je le protéger? Comment? Existe t il des supports pour en parler? On en parle.

Les mots

Tout d’abord, il va falloir se questionner sur les mots à employer.

Parce que la mort est empreinte d’une forte connotation dans notre culture, l’enfant va absorber un climat émotionnel intense. S’il n’est pas nécessaire de faire d’emphase lorsque l’on aborde le sujet de la mort avec un enfant, il est tout aussi crucial de ne pas minimiser ou enjoliver les choses.

Il est capital d’utiliser les mots justes. Et de parler de « mort » de « décès » d’expliquer que le défunt a arrêté de vivre, que son corps ne fonctionne plus et que nous ne le reverrons plus jamais. Il est très important de ne pas utiliser les mots comme « il est parti » ou bien « il s’est endormi pour toujours » car nous mettrions alors des angoisses potentielles sur des situations normalement banales. Personne ne souhaite que son enfant soit terrorisé à l’idée de nous voir partir au travail et ne jamais revenir, ou qu’il soit pris d’angoisses incontrôlables qui l’empêcheraient de trouver le sommeil craignant de ne jamais se réveiller.

Lorsque un décès survient dans l’entourage, mon premier reflexe concernant mes enfants est de leur en parler moi même, et de prévenir nos proches que je souhaite que le sujet en leur présence soit abordé dans la vérité.

J’informe aussi l’entourage de mes convictions religieuses afin que mon discours ne soit pas contredit. Afin de ne pas créer une confusion chez l’enfant.

que vous croyiez au paradis, à la réincarnation ou à l’arrêt pur et simple de l’existence de l’être après la mort, il vous faut être clair avec votre enfant en lui disant « moi je pense que … » et vous pouvez selon son âge lui expliquer que d’autres croient plutôt telle ou telle chose et qu’il est important de respecter les convictions de chacun.e.

J’ai en mémoire le cas de deux enfants absolument terrifiés pendant des semaines, suite au décès de leur vieux voisin. La famille était athée et personne n’avait abordé le sujet d’une éventuelle vie après la mort. Mais une grand mère au croyances religieuses fortes les avait gardés pendant cette période et leur avait expliqué que l’âme du défunt était encore présente dans les murs de sa maison.
Non seulement il a fallu beaucoup de temps aux parents pour comprendre les angoisses soudaines de leurs enfants, mais la solution pour les apaiser a été vraiment radicale! Les deux maisons étant mitoyennes et la famille étant propriétaire de la totalité des lieux, il a fallu que le papa casse littéralement les murs de la maison du voisin afin de prouver aux deux petits qu’aucune âme ne se promenait à l’intérieur!

Les émotions

La tristesse est une émotion très importante. Elle est un mouvement vers le bas, qui nous permet de lâcher. Nos enfants sont de véritables éponges à nos émotions, et ils ressentent nos états sans pour autant pouvoir les expliquer.

Il va donc être très important de dire à l’enfant ce que vous ressentez, que c’est juste normal et naturel.

Vous pouvez aussi expliquer que tous ont des façons différentes de vivre et d’exprimer leurs émotions. Certains vont pleurer, voire crier, d’autres vont se réfugier dans leur bulle un certain temps, certains vont aller du rire aux larmes en un rien de temps et d’autres vont tout à coup avoir besoin d’être très occupés. On a parfois besoin de dormir beaucoup ou au contraire des difficultés à trouver le sommeil lorsque l’on est en deuil. Il est normal de ressentir toute une palette d’émotions et c’est ok de les laisser sortir.

Nous expliquerons aux enfants que certaines personnes seront tristes, ou peut être même en colère, et que chacun a le droit de vivre ses émotions à sa manière. Qu’ils ne sont responsables en rien des émotions de leurs proches, et il n’est pas question de les investir d’une mission à l’égard des adultes (réconfort, prendre soin etc…).

Les aspects … techniques

Il y a des milliers de façons de rendre hommage à un défunt. De la veillée à l’inhumation en passant par l’incinération, les funérailles sont un sujet à aborder avec l’enfant.
Il suffit d’expliquer à l’enfant que pour rendre hommage, et se permettre de dire au revoir au défunt, ses proches ont choisi de faire une cérémonie. Il est important de donner deux ou trois détails techniques concrets afin que l’enfant puisse se faire une image précise et donc dénuée d’angoisse et de fantasmagories. On dira par exemple que certaines personnes vont apporter des fleurs, que l’on peut jouer une musique appréciée du défunt, qu’il y aura peut être quelques photographies pour se souvenir, et que des gens prendront la parole pour dire ce qui leur tient à coeur ou pour raconter un moment important de la vie du défunt ou un détail fort de sa personnalité.

Lorsque l’enfant connaissait le défunt, il peut très bien assister aux obsèques ou non. Je pense qu’il n’y a pas d’âge pour avoir le droit de dire au revoir à un être cher. Si vous vous en sentez capable, je pense qu’il est bon de proposer à l’enfant d’être présent s’il le souhaite. Mais à vous parents de déterminer si les conditions seront réunies pour que vous puissiez accompagner votre enfant au travers des émotions qu’il va traverser lui-même. Parfois notre propre tristesse fait que nous ne nous sentons pas en état d’assumer nos enfants lors des funérailles, dans ce cas là je pense qu’il est important de ne pas se forcer.
Dans certains cas, un décès peut raviver de fortes tensions familiales et avec un contexte très chargé en émotions vous pourrez aussi avoir envie de protéger vos enfants de ce moment.

Que votre enfant assiste ou non aux obsèques, vous pouvez tout à fait lui proposer de participer à l’hommage de façon très simple. Par exemple, l’enfant pourra choisir une fleur, réaliser un dessin à mettre à côté du cercueil comme un dernier cadeau à la personne décédée, ou bien vous aider à choisir une photo de la personne qui la met en valeur.

Cela doit rester sur la base du volontariat et tous les enfants ne ressentent pas forcément le besoin de participer. Mais le simple fait que cela soit possible leur ouvre une option concrète pour pouvoir vivre leur deuil et c’est un chemin qui peut les aider s’ils le choisissent.

Par exemple, lors du décès d’un petit cousin, avec l’accord des parents, mes enfants ont choisi un doudou à mettre dans le cercueil. Ils n’étaient pas présents aux obsèques mais cela leur a permis de se sentir acteurs et de pouvoir vivre le deuil à leur manière. C’est aussi un moyen de lancer le dialogue de façon apaisée autours de ce qu’il s’est passé. L’enfant en profitera souvent pour poser ses questions, et nous serons plus disposés à y répondre sereinement.

On peut tout à fait, toujours dans le respect et avec l’accord de la famille, prendre une ou deux photos du cercueil fermé afin de pouvoir ensuite les montrer à nos enfants et leur raconter le déroulement de la cérémonie. Il peut être important pour eux de pouvoir comprendre et visualiser.

Selon les enfants, certains vont poser beaucoup de questions, et d’autres vont se satisfaire d’explications simples et sommaires.

La vérité, toute la vérité?

Je vais aborder ici un point très particulier mais qui me tient à coeur.
Ce point ne concerne pas tous les enfants. Mais il est bon de l’avoir en tête pour pouvoir corriger le tir au besoin.
La notion de vérité est centrale. Mais je n’avais pas pensé à quel point elle pouvait être globale dans certains cas.
La spécificité de certains enfants fait qu’ils ont besoin de la vérité toute nue, mais aussi de la vérité entière.


J’illustre mon propos:
On pourrait croire qu’il est trop violent d’expliquer l’inhumation, la crémation, ou même la détérioration du corps physique. Je comprends tout à fait cela. Mais voilà: ce que l’enfant ne sait pas, il l’imagine. Et à titre d’exemple personnel, j’ai eu beaucoup de chance, de pouvoir intervenir à temps et de pouvoir stopper la situation et corriger le tir avant qu’un drame ne se produise.

Je m’explique:

Mes enfants, âgés alors de 3,5 et 1,5 ans, ont été confrontés de près au deuil d’un enfant qui leur était proche et très cher à leur coeur. J’ai bien évidemment expliqué tout ce qui me paraissait nécéssaire et juste, et je m’en suis tenue à tout ce qui précédait la crémation. Ma fille ne m’a pas posé plus de questions, la connaissant j’etais prête à aller plus loin dans mes explications mais mon mari m’a stoppée en me disant que j’allais peut être trop loin. J’ai admis que je répondrais à ses questions si elle en avait, et je ne suis pas allée au delà sur le moment.

Quelques semaines ont passé, et ma fille, cette adorable petite curieuse avide de connaissances et de compréhension du monde, a demandé à son petit frère, très moteur déjà et parfaitement capable d’escalader un rebord de fenêtre, bref elle lui a demandé quoi? de sauter par la fenêtre du premier étage. Comme ça, pour voir, sans méchanceté aucune.
Et mon fils, en adoration totale pour sa grande soeur comme beaucoup de petits frères de cet âge là, et pas du tout familier avec la peur du danger comme tous les enfants de son âge, de s’empresser d’essayer de s’exécuter.
Fort heureusement nous avions installé des sécurités aux fenêtres et le temps qu’elle attrape la clef (que je pensais pourtant hors de portée!) et l’introduise dans la serrure j’ai pu arriver en courant et stopper leur entreprise.

Une fois le danger écarté (pour le moment!) et mon coeur revenu dans ma poitrine, j’ai ouvert le dialogue avec ma fille.
Elle sait parfaitement qu’il n’est pas permis aux enfants d’ouvrir les fenêtres de l’étage et elle connaît les dangers.
Ma pire erreur aurait été de présumer d’une quelconque volonté de nuire de sa part, ou d’une absence de considération pour les règles.
Ce jour là, j’ai pris le temps de bien respirer car il fallait que je sois efficace dans ma relation avec ma fille. IL ETAIT IMPERATIF QUE JE SOIS UNE MAMAN PERFORMANTE DANS CE SUJET PRECIS.
Heureusement, ce jour-là était un bon jour pour moi et j’ai réussi à trouver la ressource interne pour ne pas sur-réagir et penser avec ma logique et mes compétences avant de parler avec ma peur.
J’ai donc commencé à la questionner de façon ouverte pour comprendre ses motivations, le seul moyen de déjouer ses plans de façon durable étant de travailler sur la source de son idée.

Voici donc un extrait de notre conversation:
Moi:  » Tu as demandé à ton frère de sauter par la fenêtre de sa chambre. Pourtant tu sais que vous n’aurez le droit d’ouvrir les fenêtres vous même que lorsque vous serez capables de le faire alors que vos pieds touchent le sol pour être en parfaite sécurité. Que se serait il passé si ton frère était monté sur le rebord de la fenêtre? »
Elle: « Il aurait pu tomber. »
Moi: « Oui. Et que lui serait il arrivé s’il était tombé? »
Elle : « Il aurait pu être blessé gravement et devoir aller à l’hôpital. Ou bien il aurait pu être mort. » (elle connaît très bien le sujet car nous l’avions abordé des mois avant, lorsque nous avions installé les serrures aux fenêtres pour pallier à leurs envies de voir les oiseaux de plus près).
Moi: « Et que ce passerait il si ton frère mourrait? »
Elle : « Tu serais très triste. »
Moi: « Et toi? »
Elle: « Ben non! parce que comme il serait mort à la maison on pourrait le garder pour toujours! donc il serait toujours là!!! »

Aïe.

A ne pas vouloir perturber ma fille en stoppant mes explications, j’avais attisé en fait sa curiosité sans le savoir, et elle manquait d’éléments tangibles pour comprendre à quel point la mort était définitive. C’était surprenant, car elle avait l’habitude que le chat nous rapporte des mulots ou des oiseaux. et elle avait déjà vu des corps sans vie. Mais j’allais devoir lui expliquer pourquoi nous ne gardons pas les corps de nos défunts, et ce que nous en faisions.
Je suis allée chercher une orange qui pourrissait lentement dans mon panier de fruits (ouf! je n’avais pas eu le temps de la jeter!) et je lui ai ainsi expliqué la décomposition des corps.
Puis j’ai expliqué l’enterrement, la crémation, et enfin j’ai bien insisté sur le fait que dans la mort, le corps est totalement inanimé et que même si on pouvait pratiquer un embaumement pour conserver le corps, la personne n’est plus là et il est impossible d’interagir avec elle.
Enfin j’ai conclus et renforcé mon propos par le fait qu’il est absolument interdit de mettre fin à la vie de quelqu’un, que ce soit soi-même ou en poussant un autre à faire quelque chose de dangereux pour sa personne, que c’est interdit pour tout le monde, adultes et enfants et qu’il y a même des lois pour cela.

Tous les verrous du monde ne valent rien face à l’adhésion raisonnée et convaincue de son intellect à une règle dans laquelle elle trouve de la logique et du sens.

Les supports

Pour aller plus loin, il existe de nombreux ouvrages très bien faits. En voici quelques exemples:

Au revoir monsieur Blaireau, de Susan Varley aux éditions Gallimard Jeunesse
Si on parlait de la mort, de Catherine Dolto

Le très bon blog apprendre à éduquer dresse une liste détaillée d’ouvrages littéraires.

Je vous recommande aussi l’excellente site québécois naître et grandir pour aller encore plus loin.

J’espère du fond du coeur que cet article vous sera utile et vous permettra d’aborder avec le plus de douceur possible cet aspect si indissociable de la vie qu’est sa fin.

Il a tapé son frère sans raison ….

Violence dans la fratrie, une origine possible

Aujourd’hui je reçois un message de la part d’une amie, qui souffre de voir apparaître des comportements violents de la part de son fils aîné envers le cadet. L’enfant serait témoin à l’école de ce genre de gestes, et il les reproduit sur son petit frère une fois à la maison.

Que se passe-t-il? Pourquoi un enfant d’ordinaire si doux, adopte t il des comportements dont il n’a pas l’habitude et qui ne sont pas d’usage dans son foyer?Pourquoi ces situations sont-elles si difficiles à gérer pour nous, parents ?

Cette situation, je l’ai déjà vécue en tant que maman.Lorsque l’un de mes enfants fait du mal à l’autre, j’ai l’impression d’être une page de magazine que l’on déchire lentement en bandelettes de papier (situation très confortable, n’est-ce pas…).

Il est tout à fait déstabilisant et même insupportable pour un parent de voir l’un de ses enfants devenir agresseur de l’autre. Déjà parce que l’on n’a pas envie que notre progéniture se transforme en bourreau, et que l’on aspire tous à élever de gentils petits enfants calmes, patients et attentionnés (haha). Ensuite parce que notre instinct nous hurle de protéger le petit qui s’en prend plein la figure, et que nous aurions (presque) des réflexes agressifs envers l’enfant qui a eu le comportement violent.

De là, il n’y a qu’un pas pour que nous réagissions à chaud et que nous dirigions à notre tour de la violence (dans les propos, le ton de la voix, les punitions, les gestes) vers l’un de nos enfants.

« Armez vous de patience et respirez », certain vous diront.

Respirer, oui, bien sûr. C’est vital, même. Mais moi je crois que la patience est votre pire ennemi. Parce que de la patience, vous n’en avez pas la même quantité tous les jours. Et il y a même des jours où vous n’en avez pas du tout. Et que la patience, ce n’est pas une ressource inépuisable. Et les jours où la patience vous manque, qu’allez vous faire? Exploser ? Vous effondrer? Bof.

Je ne crois pas à la patience dans l’éducation des enfants.
En revanche, je crois au pouvoir de la connaissance.

Car si je sais pourquoi mon enfant agit de la sorte, je pourrais comprendre qu’il se positionne en acteur d’une agression, et non pas par sadisme envers son cadet.

Il se positionne en acteur volontaire d’une agression afin d’en comprendre la mécanique et le sens.Ainsi, il me faut chercher en discutant avec lui quelle agression il a subit, ou de quel comportement problématique il aura été témoin.

Lorsqu’un enfant adopte un comportement agressif tout à fait inhabituel chez lui, à l’apparence gratuite, cherchez à comprendre ce qu’il a vu, entendu ou subi, afin de l’aider à mettre du sens, de la compréhension et des mots.Ainsi il n’aura plus besoin d’expérimenter (pour le plus grand bonheur de la fratrie ou des petits camarades!).

Bien sûr, il sera important de faire constater à l’enfant le mal-être qu’il a provoqué chez l’autre, et lui proposer de réparer selon la méthode de son choix. Il est capital d’assumer ses responsabilités, et l’on ne blesse pas impunément les gens.(voir les 3 choix de réparation dont nous parlons dans les ateliers « sortir du système punitions/récompenses).

Voici quelques exemples de ce que vous pouvez dire à votre enfant:

« Tu as vu quelqu’un avoir des gestes violents aujourd’hui. Saches que toutes les familles ne font pas de la même manière. Certains parents pensent que l’on peut éduquer des enfants avec des coups et des punitions. Ces enfants-là ne savent pas que l’on n’a pas le droit de faire du mal à un enfant. Alors ils ont des comportements inappropriés avec les autres enfants. Tu n’as pas à subir cela.La violence n’est pas acceptable. Cet enfant est en train d’apprendre à mettre des mots sur ce qu’il ressent au lieu de se blesser et de blesser les autres. Il va avoir besoin de temps pour cela et que les adultes l’accompagnent.Toi, en tant qu’enfant, si tu vois quelque chose qui te pose question, ou qui fait « NON » à l’intérieur de toi, tu peux en parler à un adulte ou venir me trouver pour en discuter.
Et dans notre famille, dans notre maison, il y a une règle très importante sur laquelle je serais intransigeant(e): Tout le monde a le droit de se sentir bien et en sécurité dans ma maison. Ces comportements là n’y ont pas leur place. »

C’est un sujet qui revient très souvent, et il est habituel que les enfants testent leurs compétences sociales au sein de la fratrie, qui est une « safe place ». Votre enfant peut tout autant adopter ces comportements agressifs à votre encontre, ou tenter de provoquer en vous de l’agressivité, pour les mêmes raisons. Cela s’exprimera différemment selon chaque situation. A nous de rester curieux et de toujours poursuivre notre quête de vérité: « que se passe t il dans la tête de mon enfant? que ressent il dans son coeur? Pourquoi a t il besoin de faire cela? « Sont des questions qui vous aideront à ne pas recourir à votre patience mais à vos connaissances. Et vous serez ainsi un petit peu plus solide dans votre démarche d’éducation consciente.

Bon courage! car le chemin est tortueux et semé d’embûches! mais ô combien merveilleux aussi!

Ma petite Bibliothèque – Pour les Enfants !!!

Ma petite Bibliothèque

Pour les Enfants !!!

Il y a un bon moment que je voulais écrire sur un sujet qui me passionne, les livres pour enfant.

Ce n’est pas toujours évident de trouver de littérature pour enfants qui correspond à nos valeurs de non-violence, de confiance en les capacités des enfants et de grandir en sérénité.

Je ne serais jamais capable de vous fournir une liste exhaustive, mais voici quelques pépites trouvées par hasard, sur recommandations, ou après d’intensives recherches. Elles sont destinées aux enfants en bas âge, respectueuses des principes de pédagogie Montessori (on reste dans le réel pour la plus part) et adaptées à une philosophie bienveillante et respectueuse de l’environnement.

On commence? je vous préviens la liste est longue et sera complétée régulièrement. (il est très rare que je passe un mois entier sans acheter quelques livres… )

Ensuite, je voudrais vous parler d’un auteur très connu dans le milieu des éducateurs Montessori… Gerda Muller. Ses livres sont juste de parfaits outils de langage, comme support de discussion avec vos enfants. Tout simplement P.A.R.F.A.I.T.S.

Dès 2-3 ans, et pour longtemps, la collection des Archibald, de Pauline Martin et Astrid Desbordes est superbe. très connus, ces livres traitent des thèmes philosophiques qui préoccupent les enfants, comme le foyer, l’arrivée d’une petite soeur, la confiance en soi, la vocation,l’amour inconditionnel, la différence … je les aime tous! Les dessins sont très doux et les couleurs hyper agréables. Ils me servent autant à la maison qu’en classe 2-3 ans ou 3-6 ans.

Plein de richesse, de justesse, et de poésie, sur l’amour inconditionnel, The giving tree, de Shel Silverstein, est juste magnifique (L’arbre généreux, en français). Ce livre pourrait aussi servir de support pour expliquer l’épuisement parental..
Dès 3-4 ans.

Bien vivre ensemble

Toujours en philosophie des petits, j’adore As-tu rempli un seau aujourd’hui? de Carol McCloud.
On y apprend le bonheur quotidien et la bienveillance avec un concept très abstrait, qui se comprend très facilement dès 3 ans!
Il est très amusant de constater que les enfants vont ensuite se plaindre qu’on leur aie vidé leur seau, ou s’arranger pour vous aider à remplir le vôtre.

Dans la collection Mes p’tites Questions aux éditions Milan, Le Racisme
Thème oh combien important à aborder et pourtant si complexe.
Je trouve l’ouvrage très complet, simple, clair et sans compromis. Il est actuel et très bien renseigné.
Noté à partir de 7 ans, je pense qu’il est abordable (en plusieurs fois car plus de 30 pages quand même) dès 5 ans.
A découvrir en famille, en classe, ou à laisser traîner à la maison, dans une salle d’attente ou à l’école.

Pour les tout-petits!

J’aime beaucoup les livres (oui, tous!) de Tana Hoban, véritable référence dans la pédagogie Montessori. Nous aimons les contrastes forts, les couleurs primaires et les concepts clairs. Des livres à consulter dès les premières semaines.

Beaucoup de beaux bébés, de Davis Ellwan, à présenter dès les premiers mois, pour un moment de complicité. Les enfants aiment à y revenir une fois plus grand, et imaginer l’histoire de chaque bébé. Un parfait cadeau de naissance!

Aux éditions Nathan, la collection des Regarde dans… de Emiri Hayashi est juste fabuleuse. Douce, à observer, à toucher, elle captive le tout petit de 0 à 18 mois.

Pour un moment interactif avec un tout jeune bambin, un instant de retour au calme, j’adore partager Un livre, de Hervé Tullet. On suit les instructions et on se laisse guider. Il captivera l’enfant qui pourra découvrir que l’on peut explorer un livre de mille façons! pas question de rester sans bouger ni parler! (très efficace pour un retour au calme en un à un en classe, par exemple!) dès 18 mois-2 ans.

Avec des dessins très simples et une jolie poésie, j’aime énormément Petit Bleu et Petit Jaune, de Léo Lionni. Un joli livre où l’amour et l’amitié ouvrent au métissage. On apprend à se méfier des apparences!

Si poétique, sur l’éveil des sens, la solitude et le contact humain, Petit Bonhomme, de Eric Battut, est une pépite merveilleuse. Très apprécié en classe de 2-3 ans et 3-6 ans. Dès 2 ans et demie (oui oui!)

En Musique!
Je ne remercierais jamais assez mes amis Clémence et François de m’avoir fait découvrir le premier Paco et le rock, de Magali le Huche, aux éditions Gallimard Jeunesse. Ce sont de superbes livres sonores. On y part à la découverte d’un style musical ou d’un compositeur, instrument par instrument, on affine son oreille. Le son est clair et de très bonne qualité pour des livres pour enfants. Le plus? A la fin du livre on peut retrouver chaque mélodie avec son nom, son auteur et l’interprète, pour retrouver le morceau en entier si désiré.
Les pages sont fines, donc à faire découvrir de façon accompagnée jusqu’à 2 ans et demie, pour apprendre à prendre bien soin des livres!

Ma petite bibliothèque – pour les parents

Les parents que j’accompagne me demandent souvent par où commencer. Quelles lectures leur permettraient d’approfondir leurs connaissances, et quels sont les livres que je leur recommanderais.

Et bien tout dépend de ce que vous recherchez.

Si votre objectif est d’obtenir des clefs, là maintenant, tout de suite, des astuces, des petites aides, pour gérer le quotidien, avec une lecture très facile et ultra rapide, j’aime beaucoup les ouvrages J’ai tout essayé ! et Il me cherche ! d’Isabelle Filliozat. Vous y trouverez des techniques d’accompagnement douces, avec en prime des supers illustrations par l’exemple de Anouk Dubois et des explications neuroscientifiques. Balèze et efficace !

Pour changer de paradigme en profondeur, sortir du système punition/récompense et apprendre la résolution de conflits sans perdants, mon chouchou : Parents efficaces au quotidien, de Thomas Gordon. J’adore… c’est une vraie remise en question du système d’éducation traditionnel, mais avec des solutions de changement et des témoignages qui nous aident à avancer sans culpabiliser. On apprend à voir l’enfant acteur de son propre monde, capable de trouver ses propres solutions, et ça change la vie de toute la famille !

Besoin de soutien et de réconfort dans votre démarche d’éducation non violente ? Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat, est fait pour vous.

Pour comprendre les émotions de nos enfants et mieux cerner ce qu’ils vivent : Au cœur des émotions de l’enfant, du même auteur.

J’aime beaucoup, mais à réserver pour un public plus solide, C’est pour ton bien, d’Alice Miller. Qui va nous faire comprendre les conséquences délétères du système d’éducation basé sur les punitions.

Pour entrer en douceur et comprendre la philosophie de Maria Montessori, son livre L’Enfant, est une pépite. Il rend à l’enfant une place dans la société avec une justesse et une logique implacables.

Bien entendu, toute l’œuvre de Maria Montessori est à lire si vous voulez avancer dans sa pédagogie, mais question éducation pure, L’Education et la paix est un trésor de pensée.

Pour comprendre en profondeur les mécaniques du cerveau et repenser l’éducation : Pour une enfance heureuse, de Catherine Gueguen. Ce livre est très technique et a le mérite de vous donner des arguments imparables face à monsieur et madame Tout-le-monde qui seraient inquiets de vous voir élever un enfant « sans limites » (comprenez qui vous en veulent de fabriquer un tyran).

Elles ont travaillé ensemble un moment, et leurs conférences communes ont connu un grand succès, Céline Alvares avec Les lois naturelles de l’enfant avait jeté un gros pavé dans la mare de l’éducation nationale. Grâce à son livre, beaucoup d’esprits se sont peu à peu ouverts aux pédagogies alternatives, et au simple fait qu’il est possible de fonctionner autrement. Je vous le recommande, ainsi que son blog très bien documenté.

Vous pourrez poursuivre votre lecture par exemple avec les travaux de Marshall Rosenberg, en communication non violente, ceux de Jane Nelsen et tant d’autres.

Il y a tant d’autres ouvrages que je pourrais vous détailler… Nous vivons une époque merveilleuse dans laquelle accéder à la bienveillance est un défi personnel et de société que l’on peut relever seul ou à plusieurs, grâce notamment à l’appui de tous types de supports merveilleux (BDs, vidéos, blogs, planches de dessin, livres, conférences…) auquel internet nous donne accès. Comme il est plus facile de nos jours qu’il y a trente ans d’accéder à l’information ! Notre époque à cela de beau qu’il ne tient qu’à nous de faire le pas.

Vous avez dit débordée?

Les Ateliers du Citron, c’est une de mes activités.

J’anime par ce biais des formations à destination des particuliers et des professionnels de la petite enfance, en parentalité bienveillante, maternage proximal, et sur la pédagogie Montessori appliquée aux 0-3 ans.

Mais je fais plein d’autres choses!

Je suis maman de 3 adorables et tumultueux enfants (cela occupe déjà pas mal mon temps!)

Je suis éducatrice Montessori au sein d’une classe d’enfants de 2 à 3 ans.

Je suis formatrice également pour le compte de l’école où je travaille (pour le personnel, sur la partie bienveillance, et pour les parents qui le souhaitent, j’anime des ateliers).

Je suis marraine d’allaitement pour l’association l’Or Blanc. 

Cela peut sembler beaucoup, mais j’adore mon travail. Il me nourrit. Et pas seulement financièrement.

Mon travail d’éducatrice nourrit ma pratique de formatrice, et vice versa.

C’est une joie incroyable chaque jour d’être auprès des enfants, et de progresser avec eux.

Pour vous qui me permettez de continuer ces métiers fabuleux, un immense MERCI!

Séverine Schlayen

De l’art d’allaiter … en maternant

Pour conduire un allaitement serein, il y a d’abord quelques principes de base à intégrer.

Le premier principe, c’est que allaiter doit être un choix autant qu’il est un droit inaliénable. Il est capital de soutenir la mère qui allaite dans son choix, de la même manière qu’accompagner celle qui ne souhaite pas allaiter dans la gestion de sa montée de lait devrait être fait sans jugement, et de façon douce.

Le second principe, c’est que l’allaitement, ça ne coule pas toujours de source. Il se peut qu’il y ait des difficultés à surmonter, et pour cela il faut pouvoir se faire accompagner des bonnes personnes.

Et savoir, justement, écouter les bonnes personnes. Si tu tiens à ton allaitement, tu laisseras parler la bouchère, madame Michu ou ta tante Hilde avec toutes leurs croyances.

Tu contacteras une consultante en lactation certifiée IBCLC (tu trouveras un annuaire ici), ou la Leche League, mais ne te fieras pas aveuglément aux conseils de la puéricultrice de la maternité, du médecin de famille, de l’infirmière, ni même du sacro-saint pédiatre si ceux ci n’ont pas reçu une formation spécifique en allaitement.

Parce que vois-tu, les professionnels de santé de la petite enfance ne sont pas formés de base en allaitement. Les pédiatres encore moins que les autres. Et c’est bien dommage!! Car nous pensons en les voyant qu’ils sont compétents, et eux pensent nous aider en nous abreuvant de conseils supposés de bon sens… oui, sauf que….

(3ème principe) Un bébé humain, c’est un mammifère, au même titre qu’un bébé chimpanzé, un bébé kangourou, un chiot, un veau, un chaton, ou un bébé lama. Tu en as vu beaucoup, toi, des vaches ou des mamans kangourou refuser la tétée à son petit sous prétexte que « ça ne fait pas encore trois heures », ou que « à son âge la nuit on s’endort seul »?

Je n’en connais pas, moi, des chattes qui « préparent » leurs mamelles en tirant dessus avec un tire lait pour éviter d’avoir mal pendant les tétées une fois la portée de chatons née!

Le quatrième principe, c’est que non, allaiter n’est pas douloureux. Et si ça l’est, c’est qu’il y a un problème à corriger. Cela peut être un défaut de position, une candidose mammaire, un problème pour ouvrir grand la bouche du bébé (freins de langue ou de lèvres, à faire contrôler par une personne formée – consultante IBCLC ou ORL – ou un blocage des mâchoires, un torticolis, une douleur… ).

Allaiter, c’est une sensation qui surprend au début, certes, mais si ça fait mal, il faut chercher pourquoi et travailler sur la cause du problème. Allaiter n’est pas non plus toujours source de joie pour la mère, il existe le réflexe d’éjection dysphorique, mais la Leche League t’expliquera mieux que moi de quoi il s’agit.

Le cinquième principe, c’est la connaissance. Il faut du soutien et de la connaissance. La connaissance de ce qu’est un pic de développement, de ce qu’engendrent comme risques l’utilisation de biberons et de tétines, de comment gérer un engorgement, de savoir que ton corps est compétent pour allaiter, et que oui, tu produis assez de lait, quoi qu’il arrive. Savoir que ton lait sera toujours suffisamment nourrissant pour ton bébé.

Mais enfin, et surtout, pour allaiter facilement, il y a une clef. Une clef essentielle. C’est d’écouter son bébé.

Et comment écouter son bébé sans l’avoir près de soi?

L’allaitement, c’est du maternage. Et il est grandement facilité par un maternage proximal.

Alors, chuuuuut…. faites taire toutes les voix autours de vous, écoutez votre instinct, écoutez votre bébé, gardez le près de vous, portez-le, baignez-vous avec lui, faites du peau à peau, dormez avec votre bébé si cela vous chante, profitez de ces instants qui s’envolent si vite. Suivez votre instinct, et faites confiance à votre enfant, car oui, le bébé humain est un mammifère, et devinez quoi? la maman humaine en est un aussi!

Bonnes tétées!